Chaothèque

Créée par Ambroise Garel

Dictionnaire de déraison

Microfictions macabres et métaphysiques

Introduction

Il y a quelques mois, au printemps 2017, lors d'une discussion sur Twitter à propos d'un texte sur lequel j'étais en train de travailler, j'écrivais : « Plutôt qu'écrire des nouvelles, je devrais me contenter des incipits. Le début [d'une nouvelle fantastique] ne s'inscrit pas dans la chronologie du récit. C'est un espace de pure intensité, qui relève du poétique d'une certaine façon. Tout le reste, après, n'est qu'une structure qu'on bricole comme on peut pour arriver jusqu'à la chute. »1

C'est à cette époque que m'est venue l'idée d'écrire un recueil d'introductions de nouvelles fantastiques, suite de textes extrêmement courts, fruits d'une intuition, d'un sentiment, d'une sensation, comme toujours2, mais qui en resteraient là, libérés de la nécessité d'un développement. Ainsi est né le projet du Dictionnaire de déraison – dont le nom fait bien sûr référence au Livre de raison de Lovecraft.

Parmi les vingt-six textes de la première série, qui seront publiés ici au cours des prochains mois, certains ont un semblant de structure, une chute, ressemblent à de minuscules nouvelles. D'autres non. On trouve des ouvertures et des conclusions d'histoires jamais écrites. Des bribes, des tableaux, des poèmes en prose.

Quant à la suite, on verra bien.

1 Déférence gardée envers Paul Valéry, comme chantait l'autre : « Rien ne me fatigue comme d’écrire des choses qui ne m’intéressent pas et qu’il faudrait écrire pour pouvoir écrire celles qui m’intéressent. C’est le don du romancier qui me manque. Il sait écrire ce qu’il pourrait changer. » (Tel Quel)

2 Dans La Séduction de l'Étrange, Louis Vax dit que « le conte fantastique n'est que la croissance organique d'une impression », ce qui résume à peu près tout.

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